Pourquoi j'ai construit FlowYa : ce que j'aurais voulu trouver après mon infarctus
Le 25 décembre 2023, mon corps m'a arrêté. Ce qui m'a frappé dans les mois qui ont suivi, ce n'est pas la peur. C'est l'absence d'un cadre où aller. FlowYa est né de ce manque — un espace pour celles et ceux qui ne peuvent plus revenir en arrière, et qui cherchent comment devenir autrement.
Le 25 décembre 2023, mon corps m'a arrêté.
Je ne raconterai pas ici l'infarctus en détail. Cette traversée, je l'ai écrite dans le livre — au chapitre quinze, là où elle a sa juste place. Ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est ce qui s'est passé après. Quand l'urgence médicale est retombée. Quand la convalescence a commencé. Quand le silence a remplacé l'agitation.
Ce qui m'a frappé, dans les mois qui ont suivi, ce n'est pas la peur d'avoir failli y rester. Ce n'est pas non plus le soulagement d'être encore là.
C'est une question, simple et tenace, qui montait chaque matin :
Qu'est-ce que je fais maintenant ?
Pas comment guérir. Pas comment reprendre le travail. Pas comment revenir à la normale. Mais vraiment : qu'est-ce que cette rupture m'oblige à regarder, à déposer, à transformer ? Par où est-ce que je commence ?
Je suis parti chercher une réponse. Je ne l'ai pas trouvée — pas sous la forme dont j'avais besoin. Alors j'ai fini par construire ce que j'aurais voulu trouver.
Cet article raconte cette construction. Et la vidéo qui suit la résume, en cinq minutes, mieux que je ne pourrais le faire dans cet article seul.
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La zone vide entre les outils existants
Quand j'ai cherché, après mon infarctus, j'ai exploré les approches qui existaient. J'avais une longueur d'avance sur la plupart des personnes qui traversent ce que j'ai traversé : vingt ans dans le soin, une formation en hypnose et PNL, une connaissance du paysage thérapeutique. J'aurais dû trouver.
Je n'ai pas trouvé.
La thérapie au sens strict — psychothérapie, psychanalyse, EMDR — n'était pas ce qu'il me fallait. J'avais traversé suffisamment de choses pour savoir reconnaître quand un cadre clinique est indiqué. Là, ce n'était pas ça. Je n'avais pas une pathologie à traiter. J'avais une trajectoire à recomposer.
Le coaching de performance n'était pas davantage une réponse. C'est précisément cette logique-là — performer encore, reprendre plus vite, optimiser le rebond — qui m'avait conduit à m'effondrer. Y retourner aurait été retourner exactement à ce que j'avais besoin de quitter.
Le développement personnel ? Trop vaste, trop hétérogène, et surtout : il présuppose un point de départ stable, une personne qui fonctionne et qui veut s'améliorer. Moi, mon point de départ venait d'être ébranlé. Mon fonctionnement avait été désorganisé. Mon identité s'était fracturée.
Il y avait une zone vide entre tout ça. Un espace pour les personnes qui ne sont pas malades au sens clinique, mais qui ne sont pas non plus en bonne disposition pour se fixer des objectifs. Un espace pour celles et ceux qui ont besoin d'être lus avant d'être accompagnés. Un espace pour ce moment particulier où l'ancien ne fonctionne plus et où le nouveau n'est pas encore construit.
Cet espace n'avait pas de nom.
Recomposer plutôt que guérir
Le mot est venu lentement. Je cherchais un terme qui dise plus que « guérir ». Guérir suppose un retour à un état antérieur. Or, dans une rupture de vie, l'état antérieur est précisément ce qui ne tient plus.
J'ai pensé à la recomposition corporelle — la manière dont les sportifs et les médecins parlent de la transformation du corps. Quand on parle de recomposition corporelle, on ne dit pas « j'ai perdu trois kilos ». On dit : qu'est-ce que je perds, qu'est-ce que je préserve, qu'est-ce que je renforce, qu'est-ce qui me soutient davantage aujourd'hui ?
Cette idée m'a frappé parce qu'elle dépassait largement le corps. Elle disait quelque chose de la vie entière.
La Recomposition Émotionnelle ne consiste pas seulement à réduire la douleur. Elle consiste à transformer la composition intérieure.
Déposer ce qui alourdit : les peurs inutiles, la honte, la culpabilité, les loyautés toxiques, l'épuisement de devoir toujours prouver. Préserver ce qui soutient : la dignité, la lucidité, la capacité à aimer, à décider, à recommencer. Renforcer ce qui permet de tenir autrement : une sécurité intérieure construite de l'intérieur plutôt que compensée par le dehors. Réengager sa vie dans une direction plus juste : non pas reprendre comme avant, mais choisir consciemment ce qu'on veut construire maintenant.
Cette approche est différente de la résilience. La résilience dit on peut s'en sortir, mais elle n'explique pas toujours comment — ni ce qui se transforme réellement dans le processus. Le post-traumatic growth de Tedeschi et Calhoun décrit un résultat, pas un chemin. La reconstruction identitaire affirme la nécessité du travail sans en proposer la méthode.
La Recomposition Émotionnelle propose un chemin. Avec un cadre. Avec des outils. Avec des étapes lisibles.
FRAME5™ — la lecture avant la traversée
Le premier outil que j'ai construit ne sert pas à transformer. Il sert à lire.
Dans ma pratique d'infirmier, j'ai appris quelque chose qui ne s'enseigne pas vraiment dans les formations. Avant de faire quoi que ce soit, il faut s'arrêter. Pas par inaction. Par respect. Parce qu'une personne en rupture n'est jamais exactement ce qu'elle montre en premier.
FRAME5™ est né de ce réflexe clinique : avant d'agir, lire.
Cinq piliers, cinq lettres, cinq portes :
F — Fonctionnement : comment je fonctionne au quotidien — sommeil, décisions, routines, énergie disponible. R — Ressources : ce qui me soutient encore — forces internes, liens, espaces sûrs. A — Alignement : la cohérence entre ma vie actuelle et ce qui me tient vraiment à cœur. M — Mouvement : ma capacité à un mouvement intérieur, même fragile — curiosité, envie, élan. E — Engagement : ma disposition à m'investir activement dans ma propre reconstruction.
FRAME5™ ne juge pas. Il oriente. Il dit où vous en êtes maintenant. Et cette lecture, en elle-même, est déjà transformatrice — au sens où elle déplace quelque chose. Beaucoup de personnes me disent à la fin de leur première immersion FRAME5™ : c'est la première fois que quelqu'un me pose ces questions-là. Et c'est la première fois que je me les pose à moi-même.
C'est précisément ce que FRAME5™ rend possible.
Les 5 mouvements FlowYa — le chemin
FRAME5™ lit. Il oriente. Il ne transforme pas.
Pour transformer, j'ai construit un autre outil : les cinq mouvements FlowYa. Ils ne sont pas une méthode froide. Ce sont les mouvements naturels que j'ai vus émerger, encore et encore, dans les centaines de personnes que j'ai accompagnées.
Clarifier : démêler les faits, les émotions et les interprétations. Sortir du brouillard. Voir assez clair pour cesser d'être gouverné par le flou.
Décharger : remettre du mouvement là où quelque chose s'est figé. Une émotion qu'on n'a pas pu traverser ne disparaît pas — elle attend dans le corps qu'on lui offre un passage.
Réparer : reconstruire la sécurité intérieure. Apprendre à devenir un endroit sûr pour soi-même. Tenir ses propres promesses.
Reprogrammer : transformer les anciens automatismes. La voix ancienne dit je dois être utile pour mériter ma place. La voix nouvelle apprend à dire ma place n'est pas conditionnelle à mon utilité.
Réengager : revenir dans la vie avec une conscience nouvelle. Pas reprendre comme avant — choisir ce qu'on veut désormais construire.
Ces cinq mouvements ne se vivent pas toujours dans l'ordre. On clarifie, puis quelque chose se décharge. On répare, puis quelque chose d'ancien remonte. C'est normal. C'est même le signe que quelque chose de vivant est en train de se transformer.
FRAME5™ est la carte. Les 5 mouvements FlowYa sont le chemin. L'un lit. L'autre transforme.
Pour qui FlowYa est fait
FlowYa s'adresse aux personnes qui traversent une rupture de vie majeure. Burn-out. Maladie grave ou diagnostic difficile. Séparation. Deuil. Perte de sens au travail. Transition de vie — une retraite qui arrive trop vite, une faillite, une réorientation forcée.
Mais FlowYa s'adresse aussi à ceux et celles qui accompagnent. Soignants, praticiens, dirigeants, RH, parents, amis. Ceux qui ont à se tenir près de personnes qui traversent — et qui voudraient le faire avec plus de lecture, plus de cadre, plus d'outils.
Et FlowYa s'adresse également aux organisations. Parce qu'une équipe qui s'épuise se décompose elle aussi, silencieusement. Et qu'il est possible de la lire, de la nommer, de la recomposer — avant qu'elle se désagrège.
Dans le livre que je viens d'écrire — La Recomposition Émotionnelle — sept personnes traversent ce chemin. Sophie, cadre épuisée. Marc, chirurgien arrêté par son cœur. Leïla, infirmière qui ne savait plus ce qu'elle voulait. Thomas, jeune cadre qui fuyait son propre silence. Anne, mère endeuillée d'un fils. Jean-Pierre, dirigeant qui ne se reconnaît plus depuis la retraite. Karim, fondateur de PME en faillite.
Sept histoires différentes. Un seul mouvement commun : ils ont cessé de chercher à redevenir qui ils étaient avant. Et ils ont commencé à construire quelque chose de plus juste.
Une dernière chose
Si je devais résumer FlowYa en une phrase, ce serait celle-ci :
Je n'ai pas besoin de redevenir celui ou celle que j'étais. Je peux me recomposer.
Cette phrase n'est pas un slogan. C'est ce que je me suis dit, un matin de l'hiver 2024, plusieurs mois après mon infarctus. C'est ce que beaucoup de personnes que j'accompagne finissent par formuler à leur manière, avec leurs propres mots, à leur propre rythme.
Et c'est peut-être la phrase dont vous avez besoin aujourd'hui — sans encore le savoir.
Et vous ?
Est-ce que vous tenez encore parce que c'est juste — ou parce que vous n'avez pas encore osé regarder ce qui demande à être recomposé ?
Si quelque chose a changé en vous récemment, ou il y a longtemps, et que vous ne savez plus très bien où vous en êtes, vous pouvez faire l'auto-évaluation FRAME5™ en ligne dès maintenant. Quinze minutes. Confidentiel. Gratuit. Une lecture de vos cinq piliers, et un point de départ.
Si vous voulez aller plus loin, le livre La Recomposition Émotionnelle est l'outil de fond que j'ai écrit autour de tout cela.
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